Technique en MACROPHOTOGRAPHIE   

 

Pour ceux qui découvent :

Mais qu'est-ce donc que la macrophotographie ?
    Ethymologiquement macro vient du grec grand/long,

et photographie vient du français photographie (trop fastoche !). 

En fait, tout simplement, il s'agit de photographier 

 en "grand", des choses qui sont petites à la base.

 

 En macrophotographie on peut mettre  en avant un détail, comme les multiples facettes composant l'oeil d'un insecte ou d'une araignée par exemple.

Et Pour un grossissement plus faible, de photographie rapprochée on parle de proxiphotographie. Une  photo d'ambiance, pour montrer comment un insecte évolue dans son environnement par exemple.

On peut bien évidemment varier les sujets, il n'y a pas que les photos d'insectes et d'araignées dans la vie de Dame nature, on peut bien sûr s'intéresser aux fleurs, les photos de gouttes d'eau...

Ici, point de conseils très techniques que vous touverez dans nombre de revues, livres ou sur le net.

Tout juste, quelques astuces et conseils simples.

 

 Pas de sujet centré :

C’est le défaut le plus fréquent chez les débutants en macro et en photo animalière, c’est un péché impardonnable quand on connaît les performances actuelles des boitiers qui permettent de réaliser facilement une mise au point excentrée grâce au déplacement du collimateur. Pour éviter la tentation du sujet centré, essayer de placer le ou les centres d’intérêt sur les lignes de force, ou, mieux encore sur les points d’or.

 La proportion idéale en photographie est donc de

1 tiers pour 2 tiers.

En effet, si on cadre son sujet au centre de l’image, la photo risque d’être plate, sans vie car cela provoquera une symétrie trop monotone, pour dynamiser sa photo et renforcer son esthétisme, il faudra donc veiller à placer le sujet au tiers de son viseur.

Il faut éviter de placer deux éléments importants sur une même ligne de force car ils auraient tendance à s’affaiblir mutuellement.

L’obsession du flash :

En photo de nature, la lumière naturelle reste irremplaçable, et donne de bien meilleurs résultats qu’un éclairage artificiel, les lumières et teintes seront bien plus douces, alors ne flashez pas systématiquement tout ce qui passe à portée d’objectif. Personnellement si la lumière fait défaut, je préfère ne pas faire la photo plutôt que d’utiliser un flash, ceci dans le but de privilégier la qualité de la composition.

 L'arrière plan :

En macro, l’arrière plan est tout aussi important que le sujet photographié. Il faut donc lui accorder une grande attention et ne pas négliger les points suivants :

L’exposition : la photo sera gâchée si le fond est sous ou surexposé. Pour éviter cela, il faudra parfois délaisser la mesure multi zone et faire une mesure spot sur l’arrière plan. Si les contrastes sont très marqués, faites une moyenne entre la mesure effectuée sur le sujet et celle effectuée sur le fond.

Profondeur de champ : N’hésitez pas a ouvrir davantage le diaphragme (f2,8, f4, f5,6…) pour limiter la profondeur de champ et noyer les éléments parasites de l’arrière plan dans le flou.

Placement par rapport au sujet : Tourner autour du sujet et variez les angles pour trouver un fond approprié.

La netteté :

C’est généralement le premier critère de jugement d’une photo, avant même la qualité de l’exposition ou de la composition. Nette, l’image retient l’attention, bougée (floue) , elle est bonne pour les oubliettes. Il faut donc faire la mise au point avec une rigueur absolue, et pas n’ importe où ! S’il s’agit d’un animal, vous le ferez sur l’œil si le sujet est assez gros, et sur la tête s’il est tout petit ou éloigné. Pour une fleur, faites la mise au point sur la partie que vous souhaitez mettre en valeur, étamine, pétale, ...

Le tremblement :

Ce n’est pas parce que vous vous appliquez qu’il faut être tendu, crispé et oublier de respirer. Bougez, détendez-vous et respirez le plus calmement possible, et juste avant de déclencher : expirez et bloquez un court instant votre souffle. Si, vraiment, vous êtes un cas désespéré :)) , du genre feuille morte en plein vent, vous pouvez emporter sur le terrain un monopode  léger pour compenser votre manque de stabilité.

Imiter l'indien :

A la manière d’un indien Sioux, par exemple, faites corps avec l’environnement, pour trouver de bons appuis, souche, branche, genou, rocher, butte de terre…tout peut servir à caler votre boîtier, votre main, votre sac photo ou vous-même.

 

hauteur de prise de vue :

- Sujet   au niveau du sol (de 0 a 40cm) : Allongez-vous sur le ventre et calez-vous sur les coudes. Vous les remonterez plus ou moins pour jouer sur la  netteté

- Sujet à hauteur intermédiaire (de 40 a 70cm) : Asseyez-vous en tailleur et appuyez les coudes sur les genoux, remontez plus ou moins les genoux pour varier la hauteur.

- Sujet à mi hauteur (de 70 a 100 cm) : Adoptez la position du tireur à genoux, un genou au sol, l’autre servant d’appui au bras qui soutient l’appareil.

- Sujet à hauteur intermédiaire (de 100 a 150 cm) C’est la poisse !  La position la plus inconfortable. Pas d’autres choix que de se courber et fléchir les genoux pour se mettre à hauteur du sujet.

- Sujet a hauteur d’homme (au dessus de 150 cm) : C’est la position classique du photographe, debout, pieds légèrement écartés et coudes collés au corps.

La tenue vestimentaire :

Sachez le : la mode vestimentaire du photographe de la nature doit plus s’apparenter a celle du militaire qu’à celle du citadin « branché »…Alors gardez votre sweat orange vif a flocage vert fluo pour une autre occasion et procurez- vous des vêtements sombres (kaki, marron, gris fonce, marine…) ou carrément une tenue de chasse, c’est ce que j’utilise.

Vous serez ainsi beaucoup plus discret aux yeux des animaux et augmenterez votre taux de réussite dans vos approches. Par ailleurs mémorisez la formule mémotechnique FOMBEC.

Chaque lettre correspond à l’initiale d’un élément susceptible de trahir votre présence dans la nature :

F pour Forme (Comprenez, mettez vous à quatre pattes)

O pour Ombre (un insecte que vous privez du soleil a de fortes chances de s'envoler)

M pour Mouvement (ceux-ci doivent être d'une lenteur et d'une précision absolue.)

B pour Bruit (les insectes entendent ! E pour Eclat (évitez de porter des objets susceptibles de générer des reflets.)

C pour Couleur (évitez les modèles des grands couturiers)

LES DIX COMMANDEMENTS EN MACRO

 1 - Tu photographieras à hauteur de l'insecte : 

Que ce soit un cerf ou un bourdon, que l’on veuille photographier, il est toujours préférable de se placer à la hauteur de ses yeux. On rend ainsi l’animal plus expressif et, en lui donnant un regard, on lui donne une âme…A la hauteur des yeux, les insectes deviendront des êtres animés et fascinants. Bien évidemment, on peut s’affranchir de cette règle pour mettre en valeur un effet graphique, ailes ouvertes d’un papillon, carapace d’un insecte…

 2 - Tu perfectionneras ta composition :

Pour qu’une image soit belle et remarquable, il faut qu’elle réponde à certains canons. Structurer la composition à l’aide des lignes de force et des points d’or. Attention au sens de lecture, en Occident, nous lisons de la gauche vers la droite, pour cette raison nous préférons inconsciemment lire une photo dans le même sens, mais certains préfèrent amener le regard sur le sujet et le placent  dans le côté droit du cadre.

Exploitez diagonales fuyantes et lignes courbes pour structurer l’image et conduire le regard vers ce que vous voulez montrer. Equilibrez les masses colorées dans l’image, sauf quand vous voulez attirer le regard vers un point précis par ce moyen.

3 - Tu oseras la plus grande ouverture :

Depuis des années, on conseille de diaphragmer pour obtenir davantage de netteté, mais il faut aussi savoir faire l’inverse et utiliser l’ouverture maximale pour réaliser des images plus esthétiques ou seule une partie du sujet est nette, (souvent les yeux pour un animal), tandis que le reste se confond progressivement dans le flou de l’arrière plan. Dans ce cas, la mise au point doit être plus que rigoureuse, car la profondeur de champ n’excède pas quelques millimètres.

4 - Tu iras au delà du grandissement x1 :

Pour beaucoup de photographes amateurs, le grandissement x 1 est perçu comme une ultime frontière, comme une barrière infranchissable. Pourtant il n’est pas compliqué de s’aventurer dans cet « au delà » mystérieux, il faut simplement intercaler des bagues allonge entre votre boîtier et votre objectif. Dès lors des grandissements jusqu'à x1, 5 vous sont accessibles sans plus de matériel, à condition toutefois d’être habile et d’acquérir une certaine expérience.

5 - Tu partiras léger :

Apprenez à photographier sans trépied. S’il vous prémunit contre les bougés, cet accessoire vous prive aussi de votre mobilité et de votre spontanéité, deux qualités essentielles en macro. Avec un peu d’expérience, vous pourrez aussi saisir des insectes en vol, juste après leur décollage ou juste avant leur atterrissage. Le monopode est un compromis correct.

6 - Tu exploiteras la rosée : 

Avec ses millions de gouttelettes d’eau, la rosée modifie l’aspect de la prairie et donne l’occasion de faire des images très différentes. Alors levez vous tôt et profitez en !  Vous ne saurez plus où donner du boîtier. Des toiles d’araignées incrustées de diamants scintillants, une libellule encore engourdie par le froid de la nuit, avec les ailes comme recouvertes de perles. Un papillon prisonnier de la rosée, attendant que ses ailes sèchent pour décoller. Plus loin sur une tige, une fourmi qui vient boire une goutte plus grosse qu’elle…La rosée est l’alliée du macrophotographe, même si elle reste éphémère. Elle crée des effets de loupe, donne de la fraîcheur à vos images.

Privilégiez  surtout les premières et dernières heures de la journée, c’est le moment où la lumière est la plus douce et donc, la meilleure !

Cela dit, en sous-bois, ou à l'ombre d'un grand arbre, on peut faire de très belles macrophotographies à n'importe quelle heure.

 7 - Tu multiplieras les clichés d'un même sujet : 

Lorsque vous êtes sur le terrain, pensez à prendre plusieurs clichés d’un même sujet, variez les angles de prise de vue, de plus prés, de plus loin, ne vous contentez pas de prendre un seul cliché, même si il est bon techniquement et que vous soyez satisfait au niveau de la composition. Ne faites pas le tri uniquement en regardant l’écran arrière de votre appareil.

8 - Tu te documenteras : 

De tous les commandements présents ici, c’est peut être celui qui paraîtra le  moins précieux, et pourtant…Sans un minimum de connaissances sur les animaux et la nature, le meilleur appareil photo  du monde ne vous mènera pas loin. Bien sur vous ferez des images, mais vous aurez du mal à sortir de l’ordinaire. A l’opposé, si vous vous documentez sur les espèces, leurs habitudes, leurs milieux, vous vous donnerez plus de chance de vous trouver au bon endroit, au bon moment, pour faire de belles rencontres.

Pour apprendre beaucoup de choses, a peu de frais, Internet est un excellent outil, à condition de visiter des sites sérieux et dignes de confiance.

9 - Tu respecteras la nature et les animaux :

On ne devrait même pas avoir à le dire, mais sait on jamais…

Respectez toutes les espèces de la flore et de la faune, même celles qui vous paraissent très courantes ou insignifiantes.

Faites encore plus attention aux espèces protégées.

Ne pourchassez pas les animaux, ne les harcelez pas pour obtenir un cliché à tout prix, évitez de les manipuler et de  les déplacer.

N'arrachez pas , ne coupez pas tout ce qui vous gêne, contournez la végétation !

Ne vous écartez pas des itinéraires balisés dans les parcs, réserves et autres sites protègés.

Et bien sûr, ne jetez rien, ramenez vos déchets chez vous .

 

10 - Tu seras toujours patient :

Le dernier et le plus important des commandements !  On ne peut pas toujours revenir plein de superbes photos dans le boîtier, il faut savoir être patient et remettre à demain une journée qui n’a pas été convaincante. Apprendre et tirer des leçons de ses erreurs précédentes.

Vous serez surpris de votre patience en sorties photos alors que vous en manquer pour d'autres situations de la vie courante...

Conseils tirés de diverses expériences vécues, et lues sur internet et revues.

Infos: la Macro