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L'Approche Animalière
La photographie animalière conjugue plusieurs plaisirs : La promenade en pleine nature et au grand air, la découverte d’une faune au spectacle sans cesse renouvelé, la satisfaction du juste déclenchement, l’obtention d’un bon cliché. Pas besoin d’être un grand spécialiste de la vie sauvage et de mettre en place une véritable stratégie pour se lancer dans la photographie animalière et se faire plaisir. Vous approfondirez vos connaissances sur le terrain bien plus encore que dans les livres. Il suffit d’aimer faire de belles images, la mise en beauté des espèces naturelles que vous croiserez, l’harmonie des formes naturelles; le mariage des couleurs et de l’environnement. Bien sur si vous êtes un fin connaisseur de la faune et de la flore vous partirez avec un net avantage, mais si vous êtes un passionné du bel instant de nature vous avez également toutes vos chances. Pour le capter, cet instant, il n’est pas forcément nécessaire de parcourir des dizaines de kilomètres dans des forêts profondes ou dans des montagnes escarpées en portant un énorme et lourd télé-objectif tel qu'un 600 mm F/4. Photographie animalière ne signifie pas forcément nature sauvage. Beaucoup de petits animaux sont à votre portée : dans le jardin, derrière votre fenêtre, dans le jardin, dans un parc... L’astuce pour réaliser de bonnes images réside dans l’orientation de vos décisions, ce sont elles qui feront la différence. Soyez discret, patient et…osez ! Ce qui ne veut pas dire prendre des risques non plus mais parfois l’oiseau, le chevreuil, le renard, le sanglier, ou tout autre animal que vous voyez à quelques mètres de vous acceptera sans crainte que vous vous rapprochiez si peu que vous le fassiez calmement et sans précipitation à condition que vous ne soyez pas debout. et surtout à "bon vent" pour les mammifères ! Etre à bon vent, c'est tout simplement avoir le vent de face pour éviter que l'animal ne vous repère. Sachez que si vous êtes à "mauvais vent" (vent dans le dos), les mammifères vous sentent bien avant de vous voir! Il est donc primordial d'y penser avant tout affût, billebaude ou même un simple repérage. Pour voir le sens du vent, le brin d'herbe jeté en l'air marche bien, l'observation des feuillages aussi et si vous êtes au bord de l'eau les vaguelettes à la surface vous renseigneront bien. Par vent très faible le brin d'herbe ou les feuilles ne sont pas très efficaces, un petit bout de fil de laine fixé sur l'objectif de votre appareil photo pourra vous aider. Une poire remplie de talc est aussi bien pratique surtout quand le vent est très faible. Quelle que soit la méthode choisie, vérifier souvent le sens du vent car il peut changer rapidement sans que vous le sentiez, vous n'êtes pas un animal ! Le repérage: On peut toujours partir et choisir un coin au hasard, mais pourquoi ne pas se garder toutes les chances en repérant lors d'un belle ballade? Tout d’abord, je dirais qu’il est bon de prendre contact avec le propriétaire du terrain où l’on veux se balader, garde de l'ONF, agriculteur… Il n’y a rien de plus embarrassant que de se trouver pris en flagrant délit de vagabondage sur un secteur où l’on est peut être pas autoriser à se rendre. Attention aux zones de chasse! Il faut, là aussi vous renseigner pour pouvoir choisir la période idéale. Dans tous les cas de prospection ou de chasse photographique, prévenez vos proches en leur indiquant votre destination. Ces préalables étant posés, on pourra se promener tranquillement tout en prospectant. Le matériel : une paire de jumelles et un petit carnet pour prendre des notes. Le but du repérage est d’avoir une vue d’ensemble des différentes zones où peuvent se situer les animaux, les secteurs qu’ils vont utiliser pour le repos, les places de gagnages, les coulées utilisées et cela en fonction des saisons. Il va s’agir de trouver des indices de présence, pieds, crottes, traces sur la végétation. On les recherchera le long des chemins forestiers, des lisières et l’on notera tout ce qui peu sembler utile. On peut aussi traverser des parcelles de forêt pour avoir une idée du peuplement forestier, futaies, taillis, résineux, feuillus… et y chercher des points intéressants, clairières, souilles, abroutissements de jeunes plants… Quand on quitte les chemins forestiers, le risque de dérangement pour la faune augmente, c’est toujours un problème, mais en prenant certaines précautions, on peut en limiter l’impact. En fait, ce qu’il faut surtout éviter, c’est de surprendre les animaux. Il vaut mieux se faire repérer de loin, cela leur laisse le temps de se déplacer, d’évaluer la nature du danger et de s’éclipser discrètement. Si l’on s’aperçoit, que des animaux nous observent, ne pas s’arrêter, continuer son chemin sans aller vers eux, juste noter dans un coin de sa tête où on les a vu, puis une fois hors de leur champ de vision noter toutes les infos utiles. Nombre, sexe, direction de fuite… Le but de ces sorties n’est pas la photo, mais d’apprendre le milieu. On peut aussi prospecter en se mettant en affût dans un véhicule. C'est également une bonne solution, les animaux tolèrent assez facilement les voitures. On peut mettre un filet de camouflage coincé dans les vitres pour limiter les mouvements que l'animal pourrait apercevoir à l'intérieur. Cela permet aussi une plus grande liberté. Attendre jusqu’à la nuit et noter tous les déplacements d‘animaux. D’où ils viennent, vers où ils se dirigent. Choisir si possible des secteurs où la vue est bien dégagée et d’où l’on surveillera une zone très étendue. Bien sûr, dans des zones fréquentées par les promeneurs ce n’est pas en un dimanche après-midi qu'il faut choisir. Trois techniques de traque photographique: Maintenant que l’on sait où se cache les animaux, on peut envisager de les prendre en photo. Premier écueil, l’homme étant perçu comme un prédateur, même un pacifique photographe, il va falloir tromper leur vigilance. Ce n’est pas une mince affaire, car nos sens, ouie, vue et odorat, ne sont pas de taille à rivaliser avec ceux de la faune sauvage. Deuxième écueil, les possibilités du matériel photographique. Pour espérer une photo correcte le sujet ne devra pas ce trouver trop éloigné. Au delà d’une cinquante mètres, l’on sera plus dans la photo d’ambiance que dans le gros plan saisissant. Autant dire que c’est pas gagné d’avance. Le matériel, les jumelles, comme toujours et … un appareil photo. Il y a deux catégories d’équipements photographiques, celui que l’on a et celui que si on l’avait, c'est sûr, on ferait de meilleures photos... Faisons déjà avec ce que l'on a !
1- L’affût La seule technique qui permet de réaliser des photos de bonnes qualités en dérangeant le moins possible les animaux est l’affût. L’affût consiste à se placer sur une zone favorable que l’on aura déterminer grâce à la prospection et à attendre la venue des animaux. Le matin: arriver sur les lieux au moins une heure avant le lever du jour. Humer l'air pour y retrouver des odeurs familières. S'étirer en écoutant les murmures de la vie qui s'éveille, Dans l'atmosphère humide du matin calme. Ainsi commence la journée d'un animal. Ainsi débute la journée du photographe animalier.
Le soir: arriver deux heures avant le coucher du soleil, l'ambiance du soir est également très agréable. Pour obtenir de bons résultats, un objectif avec une grande ouverture (F2,8) est indispensable faute de quoi vos photos seront de mauvaise qualité à cause de la lumière insuffisante. Pour ne pas effrayer les animaux et avoir une chance de les voir s'approcher de l'affût , j'ai choisi une tenue de camouflage "GHILLIE Suit Jackal Woodland" (photo ci-dessus). En positon assise, à genoux ou couché, je ressemble à un buisson. Un bon moyen de savoir que l'on est bien camouflé : Un promeneur passe à 3 mètres de vous sans vous voir ! Cela m'est arrivé à mon premier essai. Comme le dirait quelq'un que j'adore "un jour, un cueilleur de champignons va faire pipi sur toi ! ". Je crois que je ne me laisserai pas faire, quitte à lui couper l'envie...
Voir l'essai sur la Guillie: http://blog.aube-nature.com/?2008/02/12/156-ghillie-suit-camo-3d On peut aussi être habillé en tenue de camouflage type militaire ou chasseur et se recouvrir de fouchères ou de feuillus pour casser la silhouette humaine. L'affût peut aussi être une tente recouverte de feuillus qui aura l'avantage d'être déplaçable. Ou bien une petite cabane permanente mais au risque qu'elle soit démolie ou saccagée. Pour le lieu de l'affût on poura essayer le long d'une allée forestière à proximité d’une coulée. Il est bon de repérer le poste d’affût auparavant, il ne doit pas être trop près de la coulée. Les animaux étant vigilant au moment de traverser une allée, une masse suspecte trop proche les inquiétera et ils risquent de refuser de traverser. D'autres choix sont possibles bien sûr, vous pourrez les identifier après le repérage effectué auparavant. Veiller à être à bon vent (le vent ne doit pas souffler dans votre dos). Arriver suffisamment tôt par rapport à l’heure présumée du passage de l’animal convoité et respecter la plus grande immobilité. L’immobilité est le meilleur des camouflages. Cette façon de faire donne de bons résultats avec le chevreuil, animal casanier qui empreinte régulièrement les mêmes passages. Comme le but de l’affût est la photo, il faut penser à la lumière, est ce qu’il y en aura assez au moment tant attendu? le sujet sera t’il bien placé par rapport à celle-ci? L’arrière plan est il photogénique? Moyennant ces quelques précautions, la photo ne posera pas de difficulté majeure. Le risque est de se faire repérer par le bruit du déclenchement du boîtier. Ce n’est pas dramatique, les animaux « savent » que les chemins sont aussi fréquentés par les hommes. Par contre si chaque fois qu’ils passent près de votre affût il sont inquiétés, ils finiront par ne plus passer par là . Le bruit du "clic clac" peut interpeller l'animal, pour ma part, je déclenche une fois puis j'attends quelques secondes et je recommence deux ou trois la même opération avec un seul déclenchement à la fois. Ensuite l'animal semble accepter ce bruit et ne s'étonne plus. C'est seulement après ces précautions prises que je passe en rafale si nécessaire. Des affûts près des lieux de gagnage sont plus intéressants, on y fera des observations plus longues, mais plus délicat aussi. Il faut mieux éviter les dérangements intempestifs durant ces périodes de nourrissage. Pour éviter toutes perturbations, il faut choisir son point d’affût en fonction de sa commodité d’accès afin de pouvoir s’y rendre sans perturber les animaux. Là aussi, il faut concilier ces impératifs avec ceux de la photo, lumière, arrière plan… Ce n’est pas toujours facile, mais le plaisir de ramener une photo d’un animal paisible dans son environnement fera oublier toutes les heures d’attentes souvent improductives. Une autre possibilité, les affûts en hauteur. Cette technique est peu pratiquée par les "pro" de la photo qui trouvent qu’il faut être à même hauteur que son sujet. Je pense que l'affût en hauteur constitue quand même une bonne solution pour l’amateur désireux de photographier sans déranger. En hauteur, les animaux ne sentiront pas le photographe, le bruit du boîtier les intriguera, mais il regarderont à hauteur de leurs yeux et ne lèveront pas la tête, (sauf le Renard).
2- La billebaude La billebaude, est d’abord un terme de vénerie qui désigne la recherche d’un animal au hasard . En photographie animalière, on reprend le principe. Tout le contraire de l’affût, le photographe va parcourir la forêt en suivant des chemins, ou des layons en espérant apercevoir un animal. Cette méthode est peu productive en bonne photo, mais est une manière agréable de pratiquer la photographie pour ceux que les affûts rebutent. Pour avoir une chance d’apercevoir des animaux, il faut se déplacer lentement, s’arrêter souvent pour observer les sous bois et surtout écouter! Chercher plus particulièrement dans les zones d’ombres, ne pas regarder trop loin, un chevreuil qui ne vous a pas entendu arriver peu se cacher à 20mètres derrière deux fougères. Veiller au sens du vent, à l’arrière plan sur lequel on se déplace. Si vous suivez une lisière votre silhouette se détache très bien pour tout animal dans le sous bois. N'hésitez pas à vous asseoir souvent et à attendre. En effet, un homme debout est bien plus vite repéré par l'animal. Lors de la billebaude, ne cherchez pas la silhouette d’un animal dans son ensemble. C’est souvent un bois qui dépasse des fougères, une oreille qui chasse des mouches, la tache blanche du pelage qui trahissent la présence d’un animal. Il va falloir un peu de chance, mais le plaisir est grand quand on voit s’approcher un animal qui ne nous a pas aperçu. Par contre, ce genre de rencontre se termine bien souvent par la fuite du sujet car on à rarement le temps de se dissimuler et l’animal nous repèrera facilement.
3- L’approche Comme son nom l’indique, le photographe va tenter de s’approcher au plus près du sujet. C’est souvent au cours d’une billebaude, qu’ayant repérer un animal, on va tenter l’approche. Cette façon de procéder est souvent source de dérangement. L’intrusion de l’homme à une distance proche ne va pas passer inaperçu bien longtemps. Ce qui va provoquer la fuite immédiate avec beaucoup d’effroi. On peut tenter une approche si tout les facteurs de réussite sont présents: bon vent, position accroupie ou couchée, progression sans bruit, animal calme, végétation dense pour passer inaperçu mais pas trop pour ne pas faire de bruit, lumière, arrière-plan…. En cas de doute le mieux est bien souvent de s’abstenir, d’attendre que l’animal se déplace, et de l’attendre là où l’on pense qu’il va passer. Si vous êtes à "mauvais vent", une autre méthode consiste à contourner très largement l'animal et compter sur la chance de pouvoir le retrouver.
Conclusion: Voilà quelques pistes que vous pourrez explorer, et à vous de faire votre propre expérience. Il faut quand même garder à l’esprit, qu’en matière de photographie animalière, tout ou presque a déjà été réalisé. Il n’est pas vital de tenter de refaire la même chose, si l’on pense que cela perturbera trop les espèces que l’on veut photographier. Il faut parfois savoir ne pas déclencher, et attendre une occasion plus favorable. La photographie animalière est une école de patience et de persévérance.
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| © 2010 Christian Jacquemod |